Virée dans le Nord – Caraïbes !

Après vous avoir fait découvrir ou redécouvrir le quartier de Tivoli, c’est dans une autre partie de la Martinique que j’ai décidé de vous emmener : le Nord-Caraïbes. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours préféré le Nord-Caraïbes au Sud. Peut-être parce que mes souvenirs d’enfance sont indubitablement liés au Nord. J’ai donc eu envie de mettre cette région à l’honneur en vous proposant ma vision de la journée idéale dans le Nord. Alow an nou aye !

Ayant réservé le restaurant pour 12h tapantes, j’ai décidé de me rendre directement au Prêcheur et plus précisément dans un endroit incontournable : l’Habitation Céron .

L’Habitation Céron, une ancienne sucrerie orientée vers l’agro-tourisme. 

J’ai embarqué ma mère et ma fille pour cette petite virée. 3 générations en vadrouille pour visiter notre belle île. Nous arrivons vers 10h20, il y a peu de visiteurs, juste une famille de touristes et nous. Nous nous dirigeons vers l’accueil où nous récupérons nos tickets (8€ pour les adultes et 5€ pour les enfants jusqu’à 12 ans). Bonne nouvelle, les résidents ont droit à un pass de visites à l’année. Nous nous enregistrons donc et la visite commence. On nous remet la carte de l’habitation et un guide “ Petit Futé” des jardins de Martinique avec quelques explications pour la visite. Le premier arbre que nous voyons est le n° 13 : le figuier maudit (tous les arbres sont numérotés pour mieux se repérer).

Entrée de l’Habitation
Accueil de l’Habitation
Carte donnée à l’arrivée

Dès l’entrée, nous nous sentons déjà toutes petites tellement les arbres sont majestueux et imposants. Il fait très beau et le cadre est magnifique. Nous arrivons devant des bâtiments en réhabilitation et une cour pavée dont l’accès est interdit.

Après avoir traversé un petit pont nous voyons L’ ARBRE, celui qu’on ne peut rater : le Zamana âgé de plus de 350 ans surnommé “arbre de pluie” . Quand je vois son immensité, je comprends tout de suite l’origine de son surnom.

Le Zamana

Le Zamana a obtenu en 2016 le prix du public de l’arbre de l’année, un prix largement mérité. Nous continuons notre visite jusqu’au n°21 le Fromager en prenant plaisir à observer cette végétation si luxuriante, mais le temps file et nous sommes attendues à 12h à Saint Pierre. Nous décidons donc de rebrousser chemin. Qu’à cela ne tienne, nous reviendrons pour plus longtemps et nous déjeunerons au restaurant dont la spécialité sont des écrevisses à la plancha.

L’après- midi, il est possible de déguster le chocolat chaud maison à partir du cacao produit sur l’Habitation. J’ai eu l’occasion d’y goûter lors d’une journée portes ouvertes et je peux vous dire qu’il est excellent. Ce fut une jolie promenade où j’ai ressenti une véritable connexion à la nature, nous y avons pris beaucoup de plaisir !

Notre pause gourmande et culturelle à Saint-Pierre

L’Alsace A kay et Arhum Glacé

Quand je me rends dans le Nord Caraïbes, je me dirige le plus souvent vers mon resto de plage préféré au Carbet, mais j’avais envie de saveurs venues d’ailleurs et c’est tout naturellement que j’ai réservé à L’Alsace a Kay. S’il est vrai que ce ne sont pas des plats typiques de chez nous, ce restaurant plaît aux Martiniquais qui sont généralement de bons mangeurs. Ce sont des plats alsaciens servis généreusement. Le patron, Phillipe Mehn, un monsieur jovial nous accueille joyeusement et nous souhaite la bienvenue.

Je suis frappée par les nombreux tableaux d’artistes locaux qui renforcent le côté atypique du lieu. Il s’agit là, d’une volonté du propriétaire qui a souhaité donné une visibilité aux artistes locaux. Je remarque aussi la rangée de produits typiquement alsaciens (vin, bière, etc..).

La serveuse, très agréable nous dirige vers notre table et notre choix est rapidement fait malgré les nombreux plats proposés. Nous choisissons une choucroute “ tradition”. Tous les plats sont préparés à la minute et il faut compter au minimum 25 minutes pour être servi. Il ne faut pas être pressé et ça tombe bien, nous ne le sommes pas et comptons bien profiter de ce moment même si la faim se fait sentir. 45 minutes plus tard, nous ne sommes décidemment pas déçues et nos yeux s’éclairent : la choucroute est accompagnée de raifort ou french wasabi (il s’agit d’une racine transformée en condiment) que je découvre et de moutarde douce.

Malgré mon grand appétit, j’ai eu du mal à terminer ce plat généreux. Je lorgne quand même le jarret braisé de mes voisins de table et je me promets de revenir pour y goûter. Le repas se termine avec mon dessert préféré un cœur coulant au chocolat, accompagné de crème anglaise et de chantilly.

J’ai quand même voulu demandé à monsieur Mehn pourquoi il avait choisi d’ouvrir son restaurant à Saint-Pierre, car ce choix peut paraître au départ surprenant. Il me répond qu’il est tombé amoureux de la commune, de son histoire et de ses habitants. Ce qui est sûr, c’est qu’il a fait le bon choix. Je me suis sentie comme à la maison. Nous marchons un peu pour digérer et nous découvrons que la place face au restaurant se nomme l’Aurélie en hommage à un bateau du même nom ayant amené des travailleurs indiens en Martinique.

Ce focus histoire nous a permis de voir des clients dégustant des glaces et de découvrir un artisan glacier Arhum Glacé installé à Saint Pierre depuis peu. Gourmandes comme nous sommes, nous avons évidemment décidé d’y goûter. Cet artisan glacier propose des sorbets aux couleurs acidulées et des glaces Nutella, cacahuète, cookies ou au sablé breton. Ce qui est certain, c’est que s’il y avait peu de monde quand nous sommes arrivées, la file d’attente n’a cessé de s’allonger ensuite. Ces glaces ont un véritable succès et cela ne m’étonne pas.

Ma pause gourmande ne m’a pas fait oublier que Saint Pierre est avant tout une ville d’art et d’histoire et j’ai donc décidé de visiter le Créole Arts Café dont j’entends parler depuis un certain temps.

Le Créole Arts Café : un lieu culturellement tendance entre saveurs et créations 

Ce moment où j’ai pénétré dans l’univers atypique du Créole Arts Café qui se situe face à la Poste de Saint-Pierre, au 103 rue Victor Hugo. Le Créole Arts Café est un nouveau lieu culturel à l’initiative de 2 femmes dynamiques, dans lequel vous pourrez voir des expositions éphémères, boire un café, déguster un plat ou prendre un goûter. Bref, un endroit où passer du bon temps. Dès l’entrée, je suis happée par l’atmosphère atypique du lieu où se trouve la partie boutique. Je suis accueillie par Kassandra l’une des responsables qui m’apprend qu’il s’agit de la première maison reconstruite après l’éruption de la Montagne Pelée qui servait de maison d’hôtes aux ouvriers qui déblayaient la ville. Les murs d’origines ont été conservées ainsi que le sol. Je sens l’authenticité du lieu.

En ce moment et jusqu’au 7 Mai, vous pourrez voir une exposition collective de 25 artistes féminines à travers 22 œuvres mêlant des pratiques artistiques diverses (peinture, céramique, sculpture, photographies, collage, art numérique…). Je vous conseille de profiter des visites guidées pour profiter pleinement de l’exposition. J’ai eu le plaisir d’avoir une agréable visite commentée par Michèle Arretche, artiste peintre et photographe (membre du mouvement expérimental d’arts plastiques le PABE).

L’exposition débute au rez-de-chaussée par un rideau rouge qui représente l’entrée de l’utérus féminin, comme un retour au source, on entre brutalement dans le vif du sujet. Les artistes Jehanne Pognon et Betty Garcault nous montrent de façon décomplexée tout ce qui peut se passer à l’intérieur d’un utérus, de ses positions, au sang des règles, à la fécondation. Ensuite, nous tombons nez à nez en plein soleil, dans une petite cour, avec les Gardiennes par Garance Vennat et Isabelle Pin, une armée de femmes multicolore en métal découpée. Poing sur les hanches en position de combat, chacune d’elles porte un message, celui de la femme chlordéconée, à la femme répudiée, excisée ou féministe. Ces gardiennes évoquent pour moi la résilience et la sororité. L’un des nombreux points positifs de cette exposition est son caractère interactif grâce aux QR codes et à l’application ARLOOPA qui nous permet d’accéder à la lecture numérique de l’œuvre F’âmes des artistes Catherine Vennat, Gaelle Satier et Corinne Jean Joseph qui ont souhaité mettre en évidence le lien invisible qui nous unit quelques soient nos origines, nos lieux de vie ou nos expériences. J’ai particulièrement apprécié la Fanm Joumou de Nadia Burner sereine, énigmatique et forte et Les affaires d’Hélène Jacob que j’ai eu le plaisir de voir lors de ma visite qui nous a présenté son œuvre représentant 5 femmes qui ont choisi le système D de la magouille, de la clandestinité et de la pègre pour s’extraire de la domination masculine de la première moitié du XIX ème siècle.

Entrée du Créole arts café
les Gardiennes par Garance Vennat et Isabelle Pin
Fanm Joumou de Nadia Burner

Enfin Michèle Arretche nous présente un auto portrait Moi, pisseuse, en référence à Rembrandt et Picasso) qui dénonce de façon ironique le sort des urines féminines dans l’espace public. Une visite qui se clôture comme elle a débuté sur un sujet dont on ne parle jamais, mis en lumière par ces artistes talentueuses…

Moi, pisseuse de Michèle Arretche

Inutile de vous dire que j’ai adoré cette virée, alors n’hésitez pas à sillonner les routes du Nord et à partir vous aussi à l’aventure…

3 commentaires sur « Virée dans le Nord – Caraïbes ! »

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