Que reste t- il de notre ferveur carnavalesque ?

Après cette effervescence carnavalesque, comment voyez-vous les jours prochains ?
Avez-vous déjà pris vos distances par rapport aux carnavaliers qui n’ont pas voulu se cantonner à un spectacle dans le respect des gestes barrières ? Ou, vous avez été carnavalier et vous redoublez de vigilance pour ne pas exposer vos proches ?
Enfin, peut-être aurons-nous droit à un variant martiniquais ?


Quelles mesures d’anticipation prévues : analyse des eaux, campagne de dépistage gratuit, préparation de réseaux médicaux ? Hôpitaux relais ?

Traditionnellement les états grippaux sont nombreux après cette période. Et ce carnaval 2021 était particulièrement pluvieux et venteux !
Une crainte : la multiplication des symptômes similaires aux covid !
L’imprudence des carnavaliers va-t’elle produire un méga cluster ?
Comment les services hospitaliers vont gérer les malades ? Sommes-nous assez préparés ? Allons-nous sélectionner les malades si besoin ? Stanislas Cazelle a t-il prévu un plan spécifique ?

Dans les îles sœurs, les habitants de la Martinique et la Guadeloupe ont fait fi des interdictions et des consignes de base.

L’acceptation des 130 000 touristes en décembre 2020 a certainement joué sur une certaine impunité… Et d’ailleurs, nous n’avons pas eu de pic de contamination…
Et il n’y a pas que les rues ! Les plages ont été aussi envahies durant ces jours gras.
Des rencontres en famille, entre amis, pour des moments festifs, des barbecues et autres réjouissances. Néanmoins on n’en parle peu.

De même, de nombreuses soirées ont été organisées avec les DJ de la place dans une certaine omerta.

Peut être aussi que la Martinique sera une terre d’expérimentation pour prouver que les événements au grand air peuvent être organisés sans créer de pic épidémique ou de nouvelle vague !
Ou que des hypothèses de pénétration moindre du virus aux Antilles seront prononcées par nos caractéristiques… notre rhum (hihihi tout le monde y pense), ou nos résistances (après tout, nos ancêtres ont survécu dans les cales des bateaux négriers…) ou encore par notre dose de vitamine D générée par notre exposition au soleil !

Le peuple martiniquais et particulièrement sa jeunesse a démontré qu’il savait s’insurger et défendre ses traditions, sa culture. Une liberté d’expression chèrement acquise à laquelle personne ne veut renoncer.

Nombreux sont les martiniquais qui deviennent artistes, musiciens, chanteurs, choristes, paroliers, danseurs, créateurs… pendant cette période unique et spécifique à notre île. Ce carnaval n’existe nulle part ailleurs, rappelons-le !

La créativité est immense : dans les costumes, les ritournelles, les arrangements musicaux…
Et mettons à l’honneur l’énergie déployée pendant ces « jours gras » et souvent avant ! Où votre collègue qui se plaint de la clim, déambule en sous vêtement sous la pluie ; où votre meilleure amie incapable de faire une marche de 30mn en redemande dans le vidé de la personne.
La patience de chacun dans cette recherche effrénée du son…une marche durant des kilomètres pour stationner son véhicule à la recherche du vidé alors même que tu ne sais même pas où il va t’emmener…

Parlons aussi de cette solidarité qui s’exprime entre les carnavaliers qui font famille le temps de ces bacchanales.
Plus de distinctions, de discriminations, le peuple s’amuse grivoisement ! Et il faut le dire, les autorités étaient impuissantes devant une telle détermination.

Avec cette crise sanitaire inédite, nous sommes aussi tous égaux face aux covid.
Le coronavirus nous a obligé à changer nos habitudes au travail, avec nos amis mais nous avons refusé qu’il change notre carnaval. Notre humanité, notre histoire, notre culture ont dit STOP.

Décidemment, les petits antillais sont en train de changer le monde… des espoirs de traitement de la covid naissent des plantes médicinales et de nos petites iles avec nos moyens modestes… Allons nous faire un pied de nez aux gouvernements XXL avec l’artemisia ou l’herbe à pic ?

Enfin, on peut s’interroger sur la force qui sera mise en œuvre, par ce même peuple, pour défendre les droits à la réparation pour l’usage dérogatoire autorisé de la chlordécone dans nos terres, source de pollution de nos lieux de vie, au profit de la productivité et des résultats financiers de quelques uns.
Les conséquences sont connues : infertilité, prématurité de nos enfants, cancers multiples, etc.
Pour nous, pour nos ascendants et descendants : le rendez-vous de mobilisation historique est le samedi 27 février à 8h30 à la Maison des syndicats à Fort-de-France.
Nou pé fey ! Disons non à la prescription de la plainte pour empoisonnement.

Les groupes à pied vont-ils se mobiliser et nous offrir de nouvelles ritournelles ?

J’avoue, c’est un appel, au regard des faibles mobilisations antérieures…

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