S’il y a un film à voir absolument et dont absolument TOUT le monde parle en ce moment (et avec raison), c’est bien le film « Zion ». Dès que j’ai vu la magnifique affiche du film et ensuite la bande-annonce, j’ai immédiatement su que j’irai le voir parce que c’est un jeune Guadeloupéen qui le réalise et que je vais voir tous les films réalisés par des antillais.
Nelson Foix est un jeune scénariste et réalisateur dont l’univers s’articule entre culture antillaise et culture urbaine. Il est connu pour son troisième court-métrage « Ti Moun Aw », sorti en 2019 (que je n’ai jamais eu l’occasion de voir avec grand regret) qui a inspiré le long-métrage « Zion ».
J’ai eu l’honneur d’assister à l’avant-première de « Zion » à Madiana et je peux dire qu’il y avait foule. L’équipe du film (acteurs, producteurs, réalisateur) était présente et a échangé avec le public. Je peux déjà vous dire que j’ai adoré dans ce film et je vais vous expliquer pourquoi vous devriez aller le voir. Zot paré ? Maré ren zot !
La bande annonce
⛔Alerte SPOILER (si vous n’êtes pas encore allé le voir, arrêtez vous là et allez le voir immédiatement)
Ce que j’ai adoré dans ce film ❤️
- Loin des présupposés clichés du ghetto : un chabin loksé avec Tmax qui deale et aime réaliser des acrobaties avec sa moto en cumulant les relations sans lendemain, nous découvrons un jeune homme souffrant de la mort de sa mère et qui en veut à son père qui n’a pas réussi à la protéger. Séquence émotion garantie !
- Un film authentique ! J’ai aimé voir sur grand écran un film qui donne à voir avec brio nos réalités et nos problématiques, telles que les jeunes de cité qui peuvent se laisser tenter par l’argent facile des business de rue, sans penser aux conséquences. Mais aussi la proximité du voisinage, les problématiques du chlordécone, de la vie chère…
- Un film centré sur la paternité avec la relation entre Chris et le petit Zion qui s’avère finalement ne pas être pas son fils, mais qu’il décide d’élever. Ce qui nous prouve que les liens du cœur surpassent les liens du sang. De même, Chris et son propre père qui se sont éloignés, mais se retrouvent parce qu’ils sont une famille et aussi Odell qui, malgré ses activités de trafiquant de drogue se révèle être un père protecteur et aimant avec sa fille. Une véritable ode à la paternité. On aime !
- Pas de temps mort, « Zion » est un film d’action, une vraie course contre la montre où il y a de nombreux retournements de situation, des rebondissements, de l’humour, de l’émotion. J’ai ressenti chaque scène du film, passant même par le stress à certains moments.
- Les symboles ! Quand l’enfant est kidnappé par le Prophète (un SDF récitant des versets bibliques en bas de la cité) qui décide de fabriquer une embarcation de fortune et laisse l’enfant dériver sur l’eau, tel Moïse sauvé des eaux, la symbolique est magnifique. Le Prophète qualifie le bébé d’enfant béni et on peut voir à la fin qu’il mérite vraiment son nom. « Zion » signifie pour les rastas “Sion” et représente la terre promise qui permet d’échapper à l’oppression du système de Babylone. Située en Éthiopie, mais également en Afrique de manière générale, il s’agit d’un lieu utopique où il est possible de vivre d’unité, de paix et d’amour en toute liberté.
- La figure du Prophète, un marginal centré sur la spiritualité et qui comprend tout de suite l’importance de l’enfant. J’ai apprécié la puissance du personnage qui est sous-estimé à cause de sa position sociale. Pour moi le message est fort : il ne faut pas se fier aux apparences.
- La relation de complicité entre Chris et sa jolie voisine Lika qui joue le rôle de confidente, d’alliée et qui n’hésite pas à l’aider en s’occupant du bébé. J’ai espéré secrètement que la relation évolue en histoire d’amour, mais finalement cela n’a pas été le cas.
- Et enfin, the last but not the least, j’ai aimé le sourire et le jeu d’acteur de l’acteur principal Sloan Descombes qui donne une véritable intensité au personnage de Chris. Les autres acteurs n’ont eux aussi pas démérité, spéciale dédicace à Don Snoop (Ti Dog) et Zebrist (Odell).
Pourquoi il faut absolument le voir ? Un film qui nous ressemble !
Je reprends les mots du réalisateur Nelson Foix le jour de l’avant-première : “parce que c’est un film fait par nous -même, pour nous -même, pour le monde entier“ et qu’il faut soutenir notre cinéma afro caribéen. Mais aussi parce que c’est un film extrêmement bien réalisé du début à la fin qui nous touche et nous tient en haleine. Le cinéma afro-caribéen a passé pour moi un CAP ! Du High Level.
Je n’ai vu aucun point négatif dans ce film et j’ai bien l’intention de le revoir. N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé !
Remerciements
Merci à ma fille Mélissane (ma photographe) qui m’a partagé également ses impressions sur le film. Une future critique de cinéma en herbe. Ça s’appelle la transmission !
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